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L’ASTHME : L’ESSENTIEL ET LES BONS REFLEXES PENDANT LA CRISE

Par Dr L.Quenum

L’asthme est une maladie chronique, courante chez les enfants, due à l’inflammation et l’obstruction partielle des bronches et bronchioles (petites bronches).

Cette obstruction est heureusement réversible dans le temps (régresse pour réapparaitre lors de la prochaine crise), ce qui explique les épisodes récidivants allant de la simple gêne respiratoire à de véritables crises aigues d’asthme.

C’est une maladie fréquente, pouvant altérer la qualité de vie des patients et pouvant être mortelle.

L’OMS (Organisation mondiale de la Santé) estime que plus de 339 millions de personnes souffraient d’asthme dans le monde en 2016, avec 417 918 cas de décès.

MECANISME

Lorsqu’on respire, l’air pénètre nos bronches pour arriver aux poumons.

Chez une personne asthmatique, on observe une inflammation et un gonflement de la paroi bronchique, ce qui entraîne un rétrécissement de leur calibre. Aussi en raison de cette inflammation permanente, les bronches présentent une hyperréactivité à certaines substances, à l’origine de la contraction des muscles qui entourent les bronches (bronchospasme).

Tout cela empêche le bon passage de l’air vers les poumons, ce qui explique les signes de détresse respiratoire.

CAUSES ET FACTEURS DECLENCHANTS DES CRISES D’ASTHME

Les causes profondes de l’asthme ne sont pas encore complètement élucidées. Cependant on incrimine l’association d’une prédisposition génétique à l’allergie (atopie)et l’exposition à des facteurs environnementaux favorisants. Il s’agit de :

  • Allergènes : les acariens dans les matelas, tapis et meubles rembourrés, les poils d’animaux, les moisissures, la poussière, le pollen.
  • Fumée de tabac, y compris le tabagisme passif
  • Pollution atmosphérique
  • Irritants chimiques : produits d’entretien et cosmétiques
  • Changements climatiques rapides : air froid et sec
  • Infections respiratoires surtout virales : grippe, bronchiolites à répétition, rhinites ou rhumes classiques

Il existe également d’autres facteurs déclenchants :

  • Emotions vives : peur, stress, colère
  • Effort physique de longue durée et de forte intensité 
  • Facteurs hormonaux : asthme prémenstruel
  • Certains médicaments sontsusceptibles de déclencher des crises en cas d’intolérance : aspirine et autres anti-inflammatoires non stéroïdiens, ou des bêta-bloquants (prescrits contre l’hypertension artérielle)
  • Mauvaise observance du traitement de fond de l’asthme

SYMPTOMES

Les symptômes de l’asthme peuvent être épisodiques ou persistants et sont généralement plus importants la nuit ou au lever.

La crise d’asthme peut durer quelques heures ou s’étendre sur plusieurs jours.
Entre deux épisodes de crise, la respiration est le plus souvent normale.

Les principaux symptômes sont :

  • Toux sèche persistante (souvent à l’effort ou la nuit)
  • Essoufflement 
  • Sensation d’étouffement 
  • Respiration sifflante bruyante
  • Difficulté à remplir les poumons d’air ou à les vider 
  • Oppression dans la poitrine 
  • Réveils nocturnes
  • Limitation des activités liée à la difficulté respiratoire

Pour confirmer le diagnostic et évaluer la sévérité de l’asthme, les explorations fonctionnelles respiratoires (EFR) sont réalisées par un pneumologue. Elles consistent à mesurer les principales caractéristiques du souffle.

Des tests cutanés (prick tests) sont également réalisés pour préciser si l’asthme est d’origine allergique et identifier les allergènes en cause.

TRAITEMENT DE L’ASTHME

MESURES PREVENTIVES

Elles rentrent dans le cadre du traitement de l’asthme et consistent à :

  • Limiter le contact avec les allergènes, les polluants atmosphériques et les irritants chimiques domestiques ou professionnels
  • Éviter l’exposition au tabac
  • Arrêter les médicaments incriminés en cas d’intolérance.
  • La vaccination est également recommandée tous les ans pour la grippe et tous les 05 ans pour le pneumocoque

Les activités sportives ne sont pas interdites chez les asthmatiques mais pour prévenir l’asthme d’effort, il faut :

  • Faire un échauffement progressif 
  • Adapter l’intensité de l’effort à ses capacités et au contrôle de l’asthme
  • S’hydrater régulièrement pendant l’activité ;
  • Arrêter progressivement l’effort.
  • Le médecin pourra également prescrire, si nécessaire, la prise d’1 ou 2 bouffées de son traitement de crise, 10 à 15 minutes avant l’effort, afin de limiter le risque de crise d’asthme au cours de l’exercice physique
GESTION DE LA CRISE AIGUE D’ASTHME

Pour un asthmatique, il est important de veiller à toujours avoir son traitement disponible à portée de main et apprendre à bien utiliser son dispositif d’inhalation.

Lors d’une crise d’asthme, Il est primordial d’avoir les bons réflexes:

  • Essayer de se calmer et rassurer le malade car le stress peut empirer la crise
  •  Faire assoir le malade
  • Vite administrer un bronchodilatateur d’action rapide, par exemple le salbutamol (ventoline ou autres…) en inhalation : 1 à 2 bouffées et renouveler l’inhalation toutes les 10 minutes en l’absence d’amélioration.
  • Une bonne utilisation du dispositif d’inhalation est importante : Expirer à fond pour bien vider les poumons, puis inspirer profondément et de manière simultanée pendant que l’on actionne l’inhalateur ; retenir sa respiration pendant 10 secondes, puis expirer à fond. Faire le même cycle à chaque bouffée.
  • En cas d’inefficacité du bronchodilatateur, ou de véritable sensation d’étouffement d’emblée, il faut considérer qu’il s’agit d’un asthme aigu grave et appeler le SAMU ou se rendre en urgence dans le centre de santé le plus proche.
TRAITEMENT DE FOND

L’asthme est une maladie chronique, qui nécessite un suivi régulier chez votre médecin, surtout en cas d’asthme persistant.

L’objectif du traitement de fond est de diminuer la fréquence et l’intensité des crises.

Il est basé essentiellement sur l’utilisation de :

  • Corticoïdes par voie inhalée (les doses sont prescrites par votre médecin en fonction de la sévérité de l’asthme, notamment persistant)
  • Bronchodilatateurs à longue durée d’action (le plus souvent sous forme inhalée): associés aux corticoïdes quand l’asthme n’est pas bien stabilisé avec les corticoïdes.

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